L’article précédent expose que la masse des pratiquants et des licenciés ne recherche pas la compétition. Mais alors, les clubs sont-ils condamnés à ne proposer que des pratiques de loisir ? Non ! Pour amener des sportifs à la compétition et les y faire progresser, le club et les entraineurs devront mettre en place les conditions de la fidélisation des compétiteurs.

Quel que soit le niveau de compétition considéré (sans aborder le domaine du sport de haut-niveau), les basiques de la fidélisation doivent être naturellement réunis car la compétition reste une activité sportive, mais pratiquée sous une forme et avec une intensité différente.

L’encadrement est déterminant. Il se doit d’être à la hauteur des performances attendues. Quel que soit le sport, l’amélioration du geste technique, sa précision constituent le socle de compétences du sportif. Ces améliorations sont apportées par les entraineurs. La transmission de l’excellence peut être entravée s’il n’y a pas un lien de confiance entre l’entraîneur et le sportif. Or la confiance se gagne. Elle ne se décrète pas. C’est donc à l’entraineur de mettre en confiance ses compétiteurs.

Edgar Grospiron(1) décrit avec une simplicité évidente que la performance est le produit d’une compétence et d’une motivation.

Il y a beaucoup à dire sur la motivation du sportif, mais pour rester sur la question de la fidélisation du compétiteur, le rôle de l’entraineur est d’entretenir l’envie propre du compétiteur. Aujourd’hui, le bon entraineur doit veiller à ce que ses poulains prennent du plaisir aux entrainements comme en compétition. Et cela ne peut se faire sans un minimum de communication et d’échanges entre le sportif et l’entraineur sur site et en dehors des heures d’entrainement.

En cela les réseaux sociaux peuvent faciliter le travail quotidien de l’entraineur. Trop souvent ils ne sont employés que pour diffuser une information qui pourrait l’être par le site internet ou par email. C’est l’outil idéal pour cibler les catégories de sportifs avec qui vous voulez échanger, les personnes que vous voulez motiver.

Valorisation, encouragement, partage d’informations, réactivité, pour une fois la notion de groupe (numérique ou réel) trouve son utilité. Même dans les sports individuels, le groupe apporte l’émulation nécessaire à la performance.

Un exemple de vidéo engageante et qui incite à l’entrainement : l’ESF Les Gets ; les ingrédients sont des sportifs connus qui sont des références dans leur domaine, des exercices simples à réaliser, une intensité selon le niveau de pratique… et un titre décalé qui attire la curiosité.

Les conditions d’entrainement et les infrastructures font partie des conditions environnementales qui influencent les choix et la motivation du compétiteur. Si elles ne sont pas essentielles en dehors du sport de haut niveau, elles multiplient les possibilités d’entrainements et donc la progression du sportif. Tout comme les matériels qui permettent aux compétiteurs de progresser, d’augmenter ses performances. Le progrès personnel est l’un des moteurs de la motivation.

La compétition n’est donc pas forcément synonyme d’abandon de la pratique. L’important est de cerner ce qui suscite la motivation du compétiteur et de l’entretenir.

L’arrêt de la carrière du compétiteur est un moment qui est souvent mal géré par les clubs. Dans beaucoup de disciplines olympiques, l’arrêt de la compétition marque l’arrêt de la pratique. C’est là que les clubs ont à gagner en matière de fidélisation. Les compétiteurs connaissent le sport et le club, ils ont une expérience à partager. Ce sont des personnes précieuses quel que soit le sport.

Dans beaucoup de sport, j’ai rencontré ces sportifs qui n’attendaient pas plus de leur club qu’une forme de pratique qui leur permettent de (re)voir leurs amis dans un cadre agréable, tout en entretenant leur forme physique. C’est ce que j’appelle les pratiques plaisir. Lesquelles n’excluent pas d’ailleurs une forme de compétition, avec beaucoup moins de déplacements.

Thierry Nauleau

(1) Edgar Grospiron est champion olympique et champion du monde de ski de bosses.

Comment conjuguer compétition et fidélisation ?
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