Qu’on l’appelle financement participatif ou crowdfunding, il est peu de clubs ou d’associations locales qui ont intégré cette forme d’appel au don dans leur dispositif de recettes. Pour être précis, nous parlerons d’appel à la générosité publique selon les termes de la loi.

Quand faire un appel à la générosité publique ?

En temps de crise, il peut être séduisant de faire appel ponctuellement à la générosité publique pour combler un déficit d’exploitation. C’est une erreur car les donateurs donnent soit parce qu’ils peuvent se reconnaitre dans le projet, soit parce que le club est dans une situation exceptionnelle. L’exemple du Lille Métropole Rugby en est une bonne illustration. Certes la situation financière du club est déficitaire, mais le club a la possibilité d’intégrer pour la première fois de sons histoire le championnat de Pro D2. C’est là une perspective plus qu’encourageante.

A de rares exceptions près, le financement participatif ne peut pas financer un projet en totalité. Il apporte un complément à hauteur de 5 à 25 % d’un projet. L’investissement se prête bien au financement participatif car les associations peuvent faire appel à diverses formes de subventions d’investissement. Du point de vue du public des donateurs, un projet d’investissement n’est pas courant, ni anodin. Il va permettre une transformation de l’association. Autant de bonnes raisons de donner.

Pour commencer concevez un projet d’investissement qui fera entre autres appel à la générosité publique. C’est une étape. Considérez-la comme un apprentissage. Le choix, la conception et la mise en œuvre du projet vous prendront déjà une énergie considérable. Anticipez l’action de financement participatif pour ce qui est de la communication. Lancez l’opération lorsque 70 à 80% du budget est réuni. Le temps est un facteur de réussite comme nous le détaillons ci-après.

Après cette première expérience, vous pourrez surfer d’un projet sur l’autre et enchainer les actions de crowdfunding.

Les conditions de réussite d’un financement participatif

Pour que le public réponde à votre appel, il y a quelques conditions de réussite à réunir.

  1. Le public doit trouver un intérêt dans le projet proposé, qu’il ait le sentiment que la cause vaut d’y contribuer. Si en découvrant votre projet une personne peut se dire « cela pourrait être moi », alors vous augmentez vos chances de recevoir des dons. Au contraire, si votre projet est trop spécifique ou qu’il ne concerne qu’un petit nombre de personnes, il sera difficile d’en faire la promotion.
  2. Donnez le maximum de résonance à votre appel. Plus la notoriété de l’association est forte, plus la communication est structurée, et plus vous toucherez de monde. Ce qui a deux conséquences immédiates :
    1. Cela ne veut pas dire qu’une petite association ne pourra pas lever de fonds. Elle devra soit avoir des objectifs réalistes, soit avoir tout compris du système et proposer le bon projet, au bon moment, aux bonnes personnes.
    2. La communication est primordiale et il est bon d’en parler dès le début du projet. Vous devez être prêt à communiquer, à mobiliser vos réseaux, et à exploiter tous les moyens de communication qui s’offrent à vous.
  3. Le succès requiert de la rapidité. 60 jours maximum. La brièveté de l’action permet au public d’avoir un horizon atteignable. Une date proche à laquelle il saura si sa contribution aura permis de réaliser le projet.
  4. Les donateurs attendent en retour d’être tenus informés de l’évolution du projet. Si vous proposez des contreparties, rappelez –vous que pour donner confiance aux donateurs, il faut dire ce que l’on va faire puis faire ce que l’on a dit.

Si l’association répond aux critères d’intérêt général et que son objet présente un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, familial, culturel, humanitaire, sportif ou concoure à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel, les donateurs ont alors la possibilité de bénéficier de réductions d’impôt. Les donateurs peuvent être des particuliers ou des entreprises. Seules différent les conditions d’accès à la réduction d’impôt.

Ce n’est pas la réduction d’impôt qui incitera à donner, mais c’est la cerise sur le gâteau qui accélèrera la prise de décision.

Une obligation de déclaration

Le recours aux différents moyens de communication d’internet, site, blog, e-mailing, réseaux sociaux, etc. nécessite de faire une demande d’autorisation préalable auprès de la préfecture du département du siège social de l’association (à Paris, auprès du préfet de police).

Dès lors que vous publiez sur internet, vous sortez du cadre local. Cette obligation de déclaration est incontournable.

La demande d’autorisation doit préciser quels sont les objectifs poursuivis par l’appel à la générosité publique, la période souhaitée et les moyens de communication auxquels vous aurez recours, et surtout quelle affectation prévoyez-vous des sommes ainsi collectées.

Du fait d’une collecte qui dépasse le cadre strict de l’association, les sommes ainsi collectées sont assimilées fiscalement parlant à des dons manuels sollicités. L’association doit tenir un compte annuel d’emploi des ressources collectées. Le compte d’emploi doit être consultable à l’adresse du siège social de l’association par tout adhérent, par tout donateur et par l’administration. En résumé il s’agit d’un tableau comptable qui décrit l’affectation des dons par nature de dépenses.

Comment réussir votre opération de financement participatif ?
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