Est-il possible de créer un environnement captif dans lequel un individu peut apprendre et pratiquer un sport, acheter tout ce dont il a besoin pour sa pratique et bien plus encore, afin de le fidéliser et qu’il consomme encore et toujours du sport dans cet environnement ?

C’est ce que vient de faire le réseau Décathlon[1] avec la plateforme d’applications activites.decathlon.fr.

Du point de vue du pratiquant

Pardon de l’utilisateur[2], tout est fait pour qu’il puisse consommer « où il veut et quand il veut ». Choix d’activités, conseil de coachs, en vidéo, en live ou à la demande, et conseils d’achats de matériels ou de textiles sportifs et maintenant choix d’activités pour faire du sport en groupe.

Avec sa plateforme activites.decathlon.fr le groupe élimine le dernier obstacle à son modèle en ligne : faire se rencontrer les utilisateurs, entretenir la motivation des sportifs, créer du lien. Et il le fait selon un modèle payant.

Il s’appuie pour cela sur un réseau de coachs ou d’organisateurs partenaires, dont certains sont des associations sportives. Fort de 771 activités, ce réseau peut lui permettre de devenir le plus grand club de France. Aurait-il trouvé la formule après laquelle cours le ministère des sports pour (re)mettre au sport trois millions de français ?

Du point de vue de l’entreprise, une façon de fidéliser l’utilisateur

Au point de le rendre captif. Car Décathlon propose tout, de la paire de chaussures aux accessoires connectés. Pour être bien sûr de ne pas manquer un acte d’achat, chaque présentation d’activité s’accompagne d’une suggestion de matériels et de textiles sportifs que l’utilisateur peut acheter immédiatement.

Cette logique d’entreprise est très adroite. Elle permet de garder le lien avec le client entre deux actes d’achat. Mieux, en lui proposant des activités qui correspondent à ses goûts, l’entreprise peut ainsi augmenter le nombre et la fréquence des achats, donc son chiffre d’affaires.

Quoi de plus normal lorsqu’on est un vendeur de matériel de sport que d’inciter ses clients à faire davantage de sport ?

Ce modèle est-il transposable aux clubs sportifs ?

Mis à par la conception d’équipements sportifs, en grande partie oui !

Tout ce qui relève de la formation et du coaching n’est pas numérisé par les clubs mais l’est déjà par des moniteurs indépendants et dans de nombreuses disciplines.

Cela ne l’est pas parce que ce n’est pas dans notre culture. La contrainte économique des moniteurs indépendants les a fait se tourner vers les réseaux sociaux et les tutoriels en ligne.

Mis à part les questions techniques, comme la maitrise de l’usage des réseaux sociaux (live compris), et la façon dont on réalise une vidéo, tout est de la compétence des clubs sportifs. La présentation de l’activité, donner des conseils sur les accessoires dont nous avons besoins, tout cela nos entraineurs savent le faire.

Comme nous ne reviendrons pas à l’époque pré-Internet, il serait sans doute temps de nous y intéresser. Ne pas le faire revient à laisser gentiment la place à nos concurrents, dont Décathlon est celui qui dispose de plus de compétences, des moyens sans commune mesure avec ceux des fédérations, et qui n’a aucune autre obligation que celle du respect des normes de fabrication de ses matériels.

Alors voulez-vous continuer à chercher en vain des sponsors ou bien à attirer des sportifs prêts à payer le prix d’un service de qualité ?

Thierry Nauleau


[1] Puisque c’est ainsi que le groupe Décathlon se présente

[2] Terme qui désigne la personne qui utilise les plateformes Décathlon

Décathlon activités, le plus grand club de sport
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