Les aides à l’emploi sont gelées par les préfets. Les aides menacées sont les contrats aidés de type Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE) et les contrats emplois avenir. Ce sont des aides de l’état destinées à favoriser un accès durable à l’emploi pour des personnes sans emploi ou qui rencontrent des difficultés d’insertion.

Qui sera touché ?

Les associations sportives qui ont fait leur demande cet été se verront très probablement refuser l’octroi de la subvention. A priori, seuls les contrats Emploi Avenir dont le renouvellement est prévu pourront obtenir la prolongation de l’aide à l’emploi.

Pourquoi les supprimer ?

Leur efficacité sur le long terme est mise en doute par le gouvernement. Elles ne produiraient pas l’effet attendu en matière de lutte contre le chômage. Ces aides ont pour point commun de favoriser l’insertion mais à la différence des aides de type Emploi CNDS ou les quelques emplois tremplins proposés par certains conseils régionaux, ils ne permettent pas de préparer la pérennisation de l’emploi. L’aide proposée est trop importante (en moyenne 70%) et sur une durée trop courte (deux ans en moyenne) pour qu’une association employeur puisse développer des ressources propres de façon à anticiper et compenser la fin des aides.

Avec un tel niveau d’aide, beaucoup d’associations ont utilisé ces dispositifs. Pour certaines, il y a eu un véritable effet d’aubaine.

Les aides Emploi CNDS ou Emploi Tremplin moins aidées au départ, d’une durée plus longue, dégressives, sont surtout proposées pour des emplois structurants. Une association qui bénéficie de ce type d’aide à trois fois plus de chance de pérenniser le poste qu’avec les emploi avenir ou les CAE.

Comment embaucher sans contrats aidés ?

Tout d’abord toutes les aides à la structure employeur ne sont pas visées, du moins pas encore. Adressez-vous à la DDCSPP de votre département pour une aide Emploi CNDS ou renseignez-vous  sur le site de votre conseil régional pour une aide de type Emploi Tremplin.

La meilleure façon de préparer une embauche reste l’anticipation. L’emploi doit être structurant. Dans les cas les plus fréquents que nous accompagnons, il s’agit de poste d’éducateurs sportifs. Il sera plus facile de développer des ressources avec ce profil de poste qu’avec un profil administratif. Si le poste est créé en réponse à un projet de développement, c’est à dire avec un accroissement attendu du nombre de pratiquants payants, vous générerez ainsi de nouvelles recettes. Alors que si vous voulez créer un poste pour soulager vos bénévoles de tâches administratives, celui-ce ne permet pas de générer de nouveaux produits. Sauf à lui adjoindre des missions commerciales, qui ne sont pas le cœur de métier d’une association.

L’expérience montre que les associations ont besoin d’une aide starter pour parvenir à pérenniser l’emploi. La question est donc de savoir à combien se monte le besoin de financement, puis de faire un tour d’horizon des possibilités de financement.

Votre besoin de financement dépend de votre besoin d’emploi. Un club primo employeur, n’aura pas nécessairement besoin d’un emploi à temps plein. Ce qui diminue d’autant votre besoin de financement. Listez et quantifiez les tâches que vous allez confier à votre recrue.

Quels financements solliciter ?

En dehors des subventions, le premier réflexe de nombreux dirigeants et de se tourner vers des activités à caractère lucratif, tels que les lotos, les manifestations festives, des ventes sous toutes les formes, ou le sponsoring. Mais ces recettes ne sont que rarement maitrisées par les associations. Elles ne proviennent pas de leur clientèle directe mais de personnes tiers. Ce qui les rends très fragiles et aléatoires. De plus, les compétences exigées pour réussir à produire des recettes font très souvent défaut.

Si votre club compte plus de 100 licenciés, un appel au don devrait suffire à assurer le besoin de financement complémentaire pour la première année.  Mais cet appel doit rester ponctuel pour être efficace.

Le mécénat reste en vogue mais il fonctionne avec des projets d’investissement. Pas avec des besoins de fonctionnement. Si vous disposez d’un bon carnet d’adresses, vous pouvez solliciter vos donateurs pour alimenter un fond starter.

La structuration des recettes

Revenons au besoin d’emploi, celui qui a conduit à la décision de création d’un emploi. Il est le plus souvent la conséquence d’une demande de vos adhérents pour une plus grande disponibilité et une augmentation des compétences de l’encadrement sportif. Si cette demande n’émane pas directement de vos adhérents, vous avez identifié ce besoin pour fidéliser vos licenciés et en attirer de nouveaux.

Les clubs qui se sont affranchis des aides à l’emploi les ont remplacés à terme, en tout ou partie par des recettes provenant majoritairement de leurs adhérents. Les cas d’échec de la pérennisation de l’emploi sont le plus souvent liés à une assiette de pratiquants payants trop restreinte.

Anticipation du développement

La pérennisation de l’emploi dépend étroitement de la capacité du club à se développer. En particulier du point de vue du nombre de pratiquants. Plus ce nombre est grand, plus l’effet de levier sur les tarifs sera significatif, et plus les recettes accessoires, issues de stages ou d’activités complémentaires, parviendront  à combler le besoin de financement.

Vouloir se développer ne suffit pas. Il faut être capable de décrire comment et à quel rythme l’association va réaliser ce développement. Écrire ce mode opératoire contribue en grande partie à votre réussite. Cela permet de partager l’information et d’améliorer le processus.

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