Le monde sportif en France serait fragilisé par la baisse des aides à l’emploi. D’après les sources les plus récentes il y aurait 165 248 structures sportives en France (1) exerçant sous la forme juridique associative. Parmi elles 38 324 structures employeurs rassemblaient 124 286 emplois (2). Si l’on s’en tient à l’activité club de sport, caractérisée par le code APE 9312Z, les chiffres sont de 75 880 emplois dans 29 710 structures. Soit 17,97% du total des structures employeurs. Toutes ne font pas appel aux aides à l’emploi.

A qui profitent les aides à l’emploi ?

Il est malheureusement impossible avec la nomenclature de distinguer les clubs des ligues et comités, y compris les comités olympiques et sportifs, qui utilisent le même code APE. Mais il est très probable que la proportion des ligues et comités employeurs soit nettement plus forte que celle des clubs.

Le rythme de croissance de l’emploi dans la branche sport a été de 3,5 % par en an moyenne, c’est-à-dire presque trois fois plus vite que dans le reste de l’économie française. Seules les aides à l’emploi expliquent ce dynamisme, et cette fragilité.

Dès lors on peut remettre en perspective la crise actuelle, car plus 80 % des clubs sportifs fonctionnent sans salarié, avec leurs seuls bénévoles. La presse met en avant des situations locales et particulières. Les ligues et comité défendent les intérêts du mouvement sportif. En cela ils sont dans leur rôle.

Un secteur fragile et dépendant

Cette crise met en lumière la fragilité du secteur du sport associatif en France et de sa dépendance aux subventions en général et aux aides à l’emploi en particulier. Les premières touchées sont les structures qui n’ont pas su anticiper une baisse pourtant prévisible des subventions.

Depuis la création des « emplois jeunes » en 1997, les dispositifs d’aide à l’emploi n’ont cessé de se renouveler. Les clubs qui ne souffrent d’aucune fragilité sont l’exception. Tous présentent des lacunes, le plus souvent héritées d’un mode de management plus ancien encore. Il n’est pas une réunion collective sur le thème de la pérennisation de l’emploi sportif sans qu’une personne ne demande par quelle subvention elle pourra remplacer ses aides à l’emploi.

Les mentalités ne sont pas prêtes à faire changer le modèle économique des clubs sportifs. On veut toujours proposer moins cher, quand le public attend autre chose d’un club qu’une simple prestation d’entrainement avec pour perspective, la compétition.

L’argent ne fait pas tout

Pour paraphraser Claude Onesta dans cette vidéo, Pour gagner de l’argent les clubs vont organiser des activités accessoires dont la finalité est de gagner de l’argent. Parfois cela dérive. Lorsque le montant des recettes accessoires dépasse celui des recettes de l’activité traditionnelle, c’est un indicateur du temps que les bénévoles consacrent à ces activités. Passer du temps à organiser des soirées, des ventes ou des prestations, alors que les clubs manquent souvent d’éducateurs sportifs est assez paradoxal.

Des réussites par la fidélisation

Il est remarquable d’observer que les clubs qui proposent un projet imaginé pour leur public, parfois en prenant des libertés avec le projet fédéral, s’en sortent mieux. La réussite économique d’un club n’est que la conséquence d’un projet pertinent et bien mis en œuvre.

Des adhérents satisfaits sont prêts à dépenser plus, apprécient la qualité d’un encadrement sportifs disponible et compétent. Cela passe toujours par une remise en question par l’acceptation que quelque chose doit changer.

Thierry Nauleau

(1) Source stat-info 16-04 du ministère de la ville, de la jeunesse et des sports – juillet 2016.

(2) Les chiffres clés du sport, mars 2017, ministère de la ville, de la jeunesse et des sports.

 

Voir aussi >>

La pérennisation de l’emploi sportif, invité Gilbert Marcy (EFSRA)

Faut-il fidéliser ou diversifier les activités ?

Fin des contrats aidés : comment embaucher ?

Le modèle économique des clubs sportifs est obsolète

Impact de la diminution des aides à l’emploi
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