La Société Nautique de la Haute Seine est un club d’aviron centenaire. Cette discipline olympique est fortement ancrée dans la tradition et l’aspect sportif prime dans beaucoup de clubs. Ce club devait innover pour assurer le développement de ses ressources propres, et ainsi pérenniser l’emploi de son entraineur salarié.

Son président, Laurent Caillaud, nous explique comment ils ont réussi à trouver un nouveau public, et un nouveau souffle.

Laurent Caillaud : Après votre intervention, on a fait deux choses : d’abord on a créé un évènement fort avant l’ascension : la fête de l’aviron sur la base de loisirs d’à côté, où plein de gens sont venus. L’objectif était de montrer à un public le plus large possible que l’aviron proposait des activités diversifiées sans prérequis physiques élevés. A la suite de cela, nous avons mis en place un « labo » pendant l’été. On a essayé plein d’idées et d’activités, sans à priori pour voir ce qui plaisait aux gens et donc ce qu’on devait proposer à la rentrée.

On a lancé l’Avifit le lundi et le mercredi soir pendant l’été, avec le principe que l’activité serait payante à la séance. Ça a été un succès mais essentiellement avec des gens déjà adhérents et peu de personnes extérieures. Désormais nous gardons le principe une fois le lundi. Ça paye le salarié pendant la séance et le matériel et nous allons désormais chercher à organiser la publicité vers l’extérieur de l’association

Nous avons tenté les « afterwork » le mardi et le jeudi. Le principe était « Viens avec des potes et tu vas essayer l’aviron ». Une quarantaine de personnes sont venues pour la 1ère séance gratuite et ne sont pas revenues par la suite. Ça a été plutôt décevant et difficile à organiser mais cela a montré qu’il y avait de la place pour une activité en soirée l’été. Et cela augmente la visibilité du club.

Nous avons proposé des mini stages de perfectionnement pour nos adhérents loisirs. Les 5 places ont été vendues en 48 h (100 € les 5 séances).

Dans le même esprit, on a tenté une forme de cours particulier : avec un moniteur pour 3 adhérent. Ça s’est rempli de suite.

On a lancé le Sport santé en deux temps. Sur le 1er semestre 2017, ça a tourné sur 10 personnes avec des séances gratuites, en une puis 2 séances par mois. Du fait du partenariat FFA/EPGV, on avait visé des dames venant de clubs EPGV, mais ça n’a pas complètement accroché (régularité, effectif). Par la suite Sophie Noirot qui a porté ce projet a fait une super communication, via ses réseaux et la participation à 4 forums des associations en septembre. Et maintenant avec une séance de 2 heures chaque lundi matin on a plus de 20 inscrits, avec des profils plus diversifiés, tout en restant dans les objectifs de l’aviron santé. Mais ce ne sont pas du tout les mêmes profils, ni la même prestation d’ailleurs car nous avons ouvert l’activité à des seniors de plus de 55 ans.

Un coach vacataire plus des bénévoles et ça marche ! On est sur le point de clore les inscriptions. Un certain nombre de ces personnes ont le potentiel pour devenir des rameurs loisir. Le but est qu’elles soient suffisamment aguerries au printemps pour qu’elles soient autonomes ce qui permettra une nouvelle campagne de recrutement de débutants. L’ouverture de séance en semaine a créé une dynamique et trois personnes handicapées se sont montrées intéressées par la séance soft du lundi matin.

Et quels retours avez-vous des adhérents sur ces nouvelles formes d’encadrement ?

LC : Ils sont très contents que l’on ait proposé des activités supplémentaires pendant l’été. Et l’utilisation de la vidéo pour les faire progresser est très appréciée.

Par contre le labo a mis en évidence quelque chose que je ne soupçonnais pas : les adhérents loisirs ne se plaignaient pas de la foule du samedi matin, mais l’ouverture du créneau du lundi matin permet désormais de venir ramer sur des créneaux plus calmes, et ceux qui peuvent venir en sont satisfaits.

Et comment s’est passé la rentrée ?

LC : A l’image de la météo, la rentrée est maussade. Pas seulement pour nous, les clubs alentours souffrent également. Trois week-ends consécutifs de mauvais temps en septembre au moment des inscriptions, et l’on ne parvient pas à progresser autant que souhaité.

Mais si nous n’avions pas fait ça, nous serions en net recul par rapport à l’année passée. Aujourd’hui le secteur loisir représente 60% du nombre des adhésions mais 75 % du chiffre d’affaires. Un soin particulier vis-à-vis de ces adhérents est donc nécessaire.

Et pour l’encadrement, notamment du point de vue de la charge de travail de l’entraineur salarié ?

En fait pour William, cela ne représente pas plus de créneaux. Il reste le seul salarié permanent (pour 250 adhérents). Avec un saisonnier et maintenant un vacataire sur le sport santé, on s’en sort bien. Et avec la formation des bénévoles, on commence à avoir un bon panel de formateurs.

Quel bilan faites-vous de cette expérience « Labo » de cet été ? autrement dit, que vous a apporté cette campagne d’expérimentations ?

LC : Organisée un peu à l’arrache, elle a cependant permis de confirmer par l’expérience tout un panel d’idées que nous avions mais dont nous n’étions pas certains. Il faut désormais travailler sur le détail de l’organisation (le diable est dans les détails) avant un nouveau programme stabilisé pour l’été 2018 .. mais aussi de nouvelles expériences. Enfin, ces expériences ont permis de tisser tout un réseau de communications auprès des collectivités territoriales et d’autres réseaux associatifs.

Le regard Nauleau Sport

J’ai conseillé à l’association de diversifier les recettes venant des rameurs loisirs, en proposant de nouvelles pratiques encadrées. L’idée est simple, fidéliser par une approche spécifique. La réussite des cours particuliers témoigne de la pertinence de cette approche.

Si ces innovations ont donné satisfaction aux rameurs, elles ont été rendu possible parce que ce club possédait déjà un excellent encadrement, et pouvait compter sur de nombreux entraineurs bénévoles.

La personnalisation de l’encadrement fonctionne avec très peu de pratiquants. Je pense même qu’elle permet aux clubs de comprendre les points clés de la fidélisation.

Cette mission a été rendue possible grâce au soutien de Essonne Active, porteur du DLA 91.

Thierry Nauleau

Innovation et développement d’un club d’aviron
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