C’est un cas comme j’en rencontre presque tous les mois. Malgré les efforts des dirigeants et de l’encadrement salarié, le club est sur le déclin. L’histoire commence souvent après une période de succès et d’opportunités qui ont permis à l’association de bien vivre. On embauche, on se constitue même des réserves grâce aux subventions. Tout semble facile et on surfe sur le succès.

Et puis la courbe des effectifs commence à s’inverser et plonge un peu plus bas chaque année. Les conséquences sur les comptes de l’association ne tardent pas à se faire sentir. Rangez vos mouchoirs, nous allons comprendre pourquoi ça coince !

Comment débute une de mes visites d’audit ?

Le projet associatif rédigé pour les subventions est bien au chaud dans son disque dur. Je suis là pour apprendre et je ne vois, ni n’entend rien qui me donne envie de pratiquer ce sport. Rien qui ne me dise quels sont les grands objectifs du club, rien qui puisse me faire comprendre quel sera mon parcours de vie au sein de ce club que l’on m’a pourtant recommandé.

Les encadrants sont sur le pont. Ils sont présents tous les jours pour ouvrir le club et accueillir les adhérents. C’est rassurant.

Les installations sont propres et même sympathiques vue de l’extérieur, mais la partie vie laisse franchement à désirer. Est-ce que j’aurais envie de rester boire un coup après l’entrainement ? Pas sûr du tout !

En quelques questions je comprends que le club reproduit un fonctionnement historique. Je bavarde avec le responsable technique qui me décrit l’organisation, les tableaux de progression. C’est bien pensé. Tout de suite l’évidence me saute aux yeux : il n’y a AUCUN INDICATEUR de suivi ou d’évaluation.

Pas d’indicateur, pas de correction !

Appliquée à une structure, la principale vertu de l’évaluation est de la faire progresser. Les indicateurs sont là pour attester d’un progrès, de la marche vers un objectif quantitatif ou qualitatif.

Alors que la progression sportive suit des protocoles de formation, de performance, que les entraineurs sont là pour apporter un feedback, un retour indispensable à leurs athlètes, la gestion du club reste trop souvent amateur, dans son sens péjoratif.

Sans indicateurs de suivi, vous n’atteindrez pas vos objectifs. L’indicateur vous permet de mesurer l’effort qui reste à faire pour atteindre votre objectif. Sans ces indicateurs, vous vous accoutumez et vous réduisez l’ambition. Le club décroit, et chaque année on se contente d’objectifs un peu plus bas pour s’adapter aux finances.

S’initier à l’évaluation

La culture de l’évaluation n’est pas innée. C’est une démarche collective qui s’apprivoise et qui donne de bons résultats dans le temps. N’attendez pas des résultats immédiats.

Pour commencer une démarche d’évaluation, je vous conseille de commencer par ce qui le plus important pour le club, la satisfaction de ses adhérents. La mise en œuvre la plus simple consiste à demander à chacun de vos entraîneurs d’interroger quotidiennement leurs pratiquants à l’issue de chaque session. Sont-ils contents de leur journée ou de leur entraînement au club ? Ne seront consignés que les motifs de mécontentement. Ce qui (je l’espère) ne sera pas fréquent.

La question peut sembler anodine mais la démarche est vertueuse.

« Il n’y a pas de fidélisation au long court sans une satisfaction quotidienne. »

Le questionnement quotidien sensibilisera très rapidement vos éducateurs à la démarche d’évaluation. Plus tôt vous avez connaissance des motifs de mécontentement, plus tôt vous les traitez. C’est ainsi que l’on améliore le club petit à petit.

Il sera possible par la suite d’étendre la démarche aux actions menées dans le cadre de projets avec vos partenaires institutionnels ou privés.

Thierry Nauleau

Voir aussi >>

La culture de l’évaluation
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