Tout est parti de cet article vibrant. Boris Fons : « Je n’en peux plus, je suis écœuré » (FC34). Boris Fons y regrette l’évolution des mentalités.  Le fait qu’une part croissante de jeunes joueurs n’hésitent plus à donner la préférence à des activité personnelles plutôt que d’honorer leur engagement vis-à-vis de leur équipe.

Cela se voit dans tous les sports collectifs. Le phénomène est-il inéluctable ? Le club de handball de Chevigny-Saint-Sauveur a bien voulu apporter un témoignage et des informations intéressantes.

Philippe Goll, président du CSHB : A Chevigny, les filles de l’équipe 2 (plus âgées) ne se gênent pas pour sortir la veille au soir. Le coach voudrait des guerrières, ce sont des chatons. J’ai demandé aux filles et aux garçons de deux équipes de nationale 3 de discuter entre eux, sans les cadres du club, de la question.

Des différences apparaissent entre filles et garçons. Les filles seraient plus spontanées lorsqu’elles choisissent de faire une sortie. Elles sont également plus sensibles à la nature de l’opportunité qui s’offre à elles. Ce sont pourtant des battantes qui aiment se surpasser, qui aiment la gagne, et le plaisir de jouer entre amies. Les garçons également, avec un mot qui revient plus souvent : ce qu’ils aiment dans la compétition, c’est la victoire.

Les filles comme les garçons sont prêts à consentir quelques sacrifices pour leur équipe, se libérer de réunions familiales ou laisser sa place à un joueur plus fort. Le manque de motivation est plus perceptible chez les filles que chez les garçons. Il y avait moins d’enjeu dans leur championnat, (la montée en N2 est acquise).

La question de Thierry Nauleau sur la notion d’un joker sur un match de la saison est bien reçue par les deux tiers des filles qui ont répondu. Alors que cela semble inutile pour les garçons.

Une question de génération ?

Jouer dans une équipe première d’un club amateur constitue bel et bien une forme d’engagement bénévole. La dernière enquête nationale sur « La France bénévole » publiée par Recherche & Solidarités, présente les jeunes comme impliqués et généreux mais sans vouloir transiger avec leur liberté. Ce qui finalement colle assez bien avec l’image qu’ils renvoient d’eux-mêmes.

Quelles solutions ?

On observe sur le terrain une différence assez nette si un groupe est dans une dynamique de victoire. L’engagement y est total et il n’y aucun sujet de démotivation.

Dans un club de basket du bassin annécien, les dirigeants avaient choisi d’entourer une génération de joueurs dès l’âge de 11 ans, de toutes les attentions et des meilleures conditions d’entrainement. Peine perdue. Âgés de 16 / 17 ans, ces jeunes joueurs n’ont pas plus de considération pour le club et leur équipe que leurs camarades d’autres sports collectifs.

La difficulté vient aussi de la communication. Les cadres du club font figure d’anciens et communiquent selon leurs propres codes, figés la plupart du temps. Les jeunes sont réceptifs à des codes qui évoluent en permanence.

La solution est probablement dans le dialogue et la mise en confiance des joueurs. Si le phénomène ne touche pas les équipes qui gagnent, c’est que la dynamique de victoire et la perspective de gagner un championnat est toujours vivace quelque soient les générations.

Dès que l’enjeu semble insurmontable à un joueur, cela peut contaminer le groupe. Et ouvrir la voie à des alternatives ludiques ou familiales. Le rôle et la parole de l’entraineur intervient pour beaucoup dans la mise en confiance du joueur. La gestion d’un groupe, d’une équipe est une alchimie difficilement maitrisable. Il faut trouver l’adéquation entre le groupe et un entraineur.

Nous avons en France de grands entraineurs, de bons meneurs d’hommes. La websérie « Votre Coach » sur YouTube leur donne la parole. J’ai choisi de vous montrer une vidéo de Laurent Tillie, entraineur de l’équipe de France de Volley-Ball et une autre de Claude Onesta. Il y a certainement des concepts que vous pouvez transposer en club.

Si vous voulez engager le dialogue avec vos jeunes sur la question, contactez-moi. Je vous enverrai un questionnaire qui va vous faciliter la tâche. Nous pourrons ainsi enrichir la réflexion.

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