Le rapport du CNDS et du CREPS Auvergne-Rhône-Alpes sur la pérennisation des emplois qui ont bénéficié du dispositif Emploi CNDS confirme que la mesure est globalement efficace.

79 % des structures qui ont répondu à cette enquête ont pérennisé leur emploi, autrement dit elles n’ont pas eu besoin de solliciter une autre aide à l’emploi pour maintenir le poste.

Ce chiffre est supérieur à nos observations, mais ont le comprend mieux en croisant cette donnée avec le budget des structures bénéficiaires. 47% d’entre-elles ont un budget compris entre 80 000 et 350 000 euros. Seulement 26% des structures bénéficiaires ont un budget inférieur à 80 000 euros, ce qui les classe dans la catégorie primo employeur[1].

L’enquête avance le chiffre de 27% de bénéficiaires dont le budget est supérieur à 350 000 euros. On voit très nettement que la mesure à bénéficié aux structures déjà employeurs.

Les clubs se reportent sur d’autres dispositifs

Si 63% des structures bénéficiaires sont des clubs, nous ignorons quelle est la proportion de clubs primo employeurs. Au vu des chiffres évoqués précédemment, il est probable qu’elles ne soient pas majoritaires. Nous pensons que ces derniers, ayant un budget contraint, se sont reportés sur les aides à l’insertion (CUI-CAE et emploi d’avenir) qui sont en apparence plus fortement aidés. Du moins c’est ce que nous avons constaté au cours des dix dernières années. Quelques-uns ont pu faire un montage qui s’articulait entre un CUI-CAE, suivi d’un Emploi CNDS.

Là où le dispositif promettait de structurer le sport sur le territoire, on assiste à une concentration des moyens plutôt qu’à un maillage territorial.

Toute aide au monde sportif est la bienvenue. Mais le sport se pratique dans les clubs, au contact des pratiquants. C’est là que les besoins de compétence et d’encadrement sont les plus forts.

Des détails qui interrogent

96% des postes sont en CDI. Le rapport ne dit pas à quelle forme de contrat de travail correspond les 4% restants. Y aurait-il interprétation des critères de base ?

2% des postes aidés sont allés à des structures de location de personnel (profession sport), et 2% supplémentaires à des CROS et des CDOS. Ces structures sont-elles réellement structurantes pour le sport localement ? Ramené aux 5200 postes aidés par le dispositif en 2017, cela représente 208 postes. Je milite pour le sport en club, car c’est par le travail des clubs que se concrétise toute évolution du nombre de pratiquants dans un mouvement sportif. Combien de clubs se voient-ils refuser le dispositif chaque année ? L’enquête ne le dit pas.

Le dispositif idéal pour pérenniser un poste

Au-delà de cette enquête, la nature du dispositif (une aide à l’employeur), sa proportionnalité (pas plus de 50% de la masse salariale chargée la première année) et sa dégressivité sur 4 ans, font de ce dispositif l’outil idéal d’une pérennisation économique.

Le dispositif évolue localement. Une nouvelle répartition des 34 500 euros (sur 4 ans) est observée en région Grand Est, soit 10 000 la première année, puis 9000, puis 8000, et enfin 7500 euros.

Les clubs que nous avons accompagnés et qui ont bénéficié d’un Emploi CNDS, ont réussi à développer leurs ressources propres, principalement par le levier du nombre de pratiquants payants. Cela s’est accompagné d’une augmentation programmée du nombre de cadre bénévoles.

Le point noir du point de vue des clubs reste la difficulté à anticiper la sortie du dispositif. Elle est problématique sans un accompagnement extérieur.

Thierry Nauleau

>>Téléchargez l’enquête Nationale Emploi CNDS 2018

[1] Selon nos propres statistiques, le budget moyen d’un club qui veut créer son premier emploi est de 50 593 euros.

Le dispositif Emploi CNDS renforce les structures employeurs
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