Dirigeants ou éducateurs sportifs, nous l’avons parfois oublié, mais le sport est avant tout un jeu.

Les clubs comme les fédérations ont tenté d’innover avec des actions sport santé, mais le sport ludique est le grand absent des pratiques sportives proposées par les clubs. Comment en est-on arrivé là et quelles pistes de développement nouvelles cela peut-il amener ?

Pris par la nature compétitive de notre sport ou par les contraintes d’organisation, nous reproduisons un modèle ancien, qui ne facilite pas les efforts de fidélisation produits par les clubs aussi bien pour les enfants que pour les adultes.

L’offre de sport fédéral n’est pas conçue pour fidéliser

La pyramide des âges des licenciés de la plupart des disciplines montre un effondrement très net dès 18 / 20 ans. Le turn-over des enfants en club y est souvent supérieur à celui des adultes. Lorsque le sport entre en concurrence avec d’autres activités, il n’est plus le centre d’intérêt numéro 1.

Je suis frappé de constater que des clubs veulent créer des activités imaginées par les fédérations, pour des publics qui ne sont pas les leurs. Le paradoxe est que des fédérations, dont l’histoire et la raison d’être sont tournés vers la compétition et la performance, demandent aux clubs adhérents de multiplier des activités pour équilibrer les coûts de fonctionnement engendrés par ces mêmes compétitions.

Les pratiques de sport fitness promus par les fédérations n’ont pas réellement trouvé leur public. Les activités sport santé ne parviennent pas à attirer un nombre assez important de personnes pour générer les recettes qui permettraient de pérenniser un emploi aidé.

Ce que veulent les adhérents

Pourtant il suffit d’écouter ce que nous disent les enfants, les ados et les adultes après une bonne séance de sport. Ils aiment se dépenser, partager un bon moment entre amis, et en particulier pour les enfants, ils apprécient le fait de jouer ensemble. Le jeu dans sa signification littérale : s’amuser.

A quelques exceptions près, cette forme de pratique semble avoir été abandonnée au secteur marchand. L’exemple le plus frappant est celui du foot à 5, proposé dans des enceintes chauffées, avec tout le confort … et le tarif en conséquence. Malgré un prix à la séance de l’ordre de 80 euros, soit 8 euros par personne, cette activité a trouvé son public. Certes, les clubs ne sont pas propriétaires de leurs installations et ces mêmes installations sont occupées tous les soirs par les entrainements. Tous les soirs ou presque. Et parfois, c’est un travail à la marge qui permet d’innover.

Lorsqu’un club a besoin de trouver de nouveaux publics pour développer sa capacité économique, il a tout intérêt à imaginer une activité qui plaise au plus grand nombre. Vos actions de promotion seront plus efficaces. Et ces activités, crées pour d’autre publics que les licenciés habituels, coutent beaucoup moins cher à organiser. Comme c’est le cas de la marche nordique apportée en France par les clubs d’athlétisme (voir le podcast de l’interview de l’ex président de l’EFSRA).

Sport santé, le mal nommé

Une activité sport santé a, quoi qu’on en dise, une connotation de soin. Mais les personnes à la recherche d’une activité physique ne se sentent pas forcément en besoin de soin. Les clubs ou les fédérations ciblent des personnes en phase de soin, ou pour qui la pratique d’une activité physique est préconisé pour améliorer leur état de santé. Mais numériquement parlant, les personnes en bonne santé, à la recherche d’une activité d’entretien sont bien plus nombreuses. En 2014, la Fédération Française d’Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire (FFEPGV) comptait 522 052 licenciés (source ministère des sports).

Dans le meilleur des cas, la forme de pratique évolue. A l’exemple du club d’aviron de Draveil, leur activité sport santé s’est muée en activité plaisir et bien-être physique. Et cela s’explique par le fait que la motivation n°1 de tout rameur est le plaisir d’être sur l’eau, et le bien-être physique renvoi à l’image du rameur en tant que moyen de rester en forme.

L’activité handisport est coûteuse

Les activités handisports, bien que subventionnées, ne peuvent toucher un public nombreux. Les coûts relatifs à l’adaptation d’une pratique sont nécessairement élevés pour un club. Même en bénéficiant de cofinancements, le coût résiduel à supporter par l’association est souvent trop important pour garantir la pérennité de l’activité. L’expérience montre que seuls les projets portés par une personne concernée sont pérennes.

Le sport, le plaisir et la convivialité

Des formes de jeu auto-arbitrées, comme cela se pratique dans les clubs affiliés FFSGT, se rapprochent de cet esprit de convivialité recherchée par tous les sportifs amateurs.

Le succès des ski-clubs loisir ou des clubs de randonnée tient autant à la convivialité, qu’au plaisir de parcourir et découvrir la montagne.

La convivialité ne se suffit pas à elle-même. Comme je l’ai rappelé dans l’article précédent, le plaisir vient par la maitrise du geste technique, par la confiance en soi et par le plaisir que procure l’activité. Plaisir et convivialité sont les clés de la fidélisation, condition essentielle de la bonne santé économique d’une association sportive.

Thierry Nauleau

 

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