Le VTT à Assistance Electrique (VTTAE) a conquis les chemins de montagne et de moyenne montagne. Pour certaines machines, les ventes de VTTAE ont supplanté les ventes de VTT pur. Cette innovation ramène au VTT un public qui a pu le délaisser. Nous avons interrogé Alain Menu, président de Creuse Oxygène, pour savoir si un grand club cycliste est capable d’intégrer rapidement le VTTAE dans son offre de pratique.

Le VTTAE est en train de conquérir le marché grand public. Quels constats fais-tu en Creuse ?

Alain Menu : On voit évolution du pratiquant VTT. Il a fait du VTT et commence à avoir un certain âge. Le VAE lui offre une seconde jeunesse. Il y vient souvent par un usage familial. Il y a monsieur, madame et les enfants. Le VTTAE permet une osmose entre les membres de la famille et apporte ainsi une véritable dynamique.

En Creuse, le VTT n’est pas facile. Ça monte. Ça descend. On a beaucoup de pistes rouges ou noires. On a des pistes vertes mais elles sont délicates. A Guéret, le pôle nature et le circuit des Monts de Guéret offrent 750 km de circuits balisés. Les VTTAE ouvrent de nouvelles voies à conditions de gérer son autonomie.

Nouveaux pratiquants = nouvelles possibilités. Comment Creuse Oxygène s’est adapté ?

A.M. : On a maintenant le module santé. Quelqu’un qui a un VTTAE peut venir faire du vélo sur prescription médicale. Le VAE apporte un plus et on y croit de façon très forte. Ça va faire exploser la pratique vélo en général. Le coût des batteries est le dernier obstacle. Dans l’idéal le pratiquant dispose de deux batteries.

A Guéret, de plus en plus de gens vont au travail en vélo. Les enfants achètent des VAE à leurs parents pour qu’ils continuent de pratiquer au-delà de 70 ans. Les pratiquants « Santé » et les plus de 70 ans retrouvent une seconde vie.

Avant, les pratiquants faisaient 30 km le matin. Avec le VAE, ils en font 40 et en prenant du plaisir. C’est comme un second souffle. On n’hésite moins à partir. Attention. Il y a un petit moteur mais le pilotage n’a rien à voir avec le pilotage d’un vélo classique. Certaines marques proposent une formation spécifique.

Le club s’est-il adapté à ce produit ? Si oui comment ?

A.M. : On n’a pas encore créé de nouvelle section. On voulait voir, mais tous les indicateurs vont passer au vert en 2018. La GTL (Grande Traversée du Limousin) sera ouverte aux VAE. Le rallye des 4 puys aussi. Pour l’instant la FFC n’avait pas avancé sur les compétitions électriques.

Dès cette année, l’Oxygène Cup s’ouvre aux VAE. Il y a un frémissement fort. Cette population se mélange bien aux cyclistes traditionnels.

Proposez-vous des cours ou des animations spécifiques ?

A.M. : Cette année non. On n’a pas de cours de pilotage mais avec notre partenaire Sport 2000, on a deux après-midi. L’une de formation au vélo traditionnel et électrique, et un module pour apprendre comment on gère le VAE.

Je compare l’avènement du VAE à celui du téléphone portable. On voit désormais de 20 à 30 % de VAE sur les parcours. C’est intéressant pour les nouveaux adeptes et pour les partenaires économiques. Derrière c’est toute l’activité qui sera bénéficiaire.

Propos recueillis par Thierry Nauleau.

Crédit Photo Rémi Fabregue

www.creuse-oxygene.com

rue Paul Louis GRENIER 23000 GUERET

Tél. : 05 55 61 97 90

Le VTT électrique vu par les clubs
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