Le rapport sport et financements public est une lecture à laquelle il faut s’intéresser. Si le secteur associatif sportif résiste plutôt bien en raison d’un taux de subventionnement des clubs plus faible que pour les autres secteurs associatifs, l’impact des réductions de recettes tant au niveau de l’état que des départements va inévitablement impacter le sport de haut niveau. Les clubs seront de plus en plus engagés dans une politique d’évaluation de l’utilisation de l’argent public.

La mutualisation va s’étendre pour ce qui est de la construction et de l’exploitation des équipements sportifs. Les intercommunalités sont attendus sur ce dossier.

Ce dossier évoque la piste des entreprises en matière de diversification, avec des possibilités de progrès sur le mécénat. Je modère cet enthousiasme par le fait qu’aller chercher des financements auprès d’entreprises, déjà sollicitées, mets de fait les associations en concurrence sur une activité dont elles maitrisent rarement la compétence.

La cour des comptes donne également son avis sur la question en préconisant « l’accroissement des ressources propres des acteurs sportifs ». C’est également ce que nous préconisons mais là où les élites préconisent une hausse du prix de la pratique sportive, nous préconisons une modulation qui privilégie les dépenses volontaires des pratiquants, afin de préserver le niveau des dépenses contraintes, comme le mix adhésion-licence-assurance.

Le traitement de la question du financement participatif y est partisan. La seule personne interrogée sur la question étant le dirigeant de Fosburit. Rappelons que l’observation et l’accompagnement des clubs sur le terrain montre que dans la quasi-totalité des cas, plus de 90% de l’argent récolté par les structures vient du premier cercle des connaissances. La forme est innovante mais sur le fond cela reste du mécénat qui communique mieux qu’à l’ordinaire.

Mon analyse de ce dossier relève deux points de vigilance qui n’y sont pas clairement cités :

  1. Il existe un réel décalage entre les attentes des représentants des collectivités sur le rôle que devrait jouer le sport en matière d’éducation, de citoyenneté de prévention des risques liés à la santé, et ce que désormais seules les entreprises ont clairement exprimé : la performance et le sport de haut niveau. L’état soutient la candidature de Paris aux JO mais nous ne voyons aucun signe qui tend à accroitre le niveau de performance de nos athlètes. Les clubs seront-ils obligés de faire un choix : faire du sport éducatif et divertissant, ou bien s’engager dans une logique de performance ?
  2. Second point de vigilance : les intercommunalités sont attendues sur la question des infrastructures sportives. La question du coût des stades de football et de rugby est régulièrement soumise au feu médiatique, mais qu’en sera-t-il des salles dans les quartiers ou des stades situés en territoire rural ? Par leur nombre, ces infrastructures sont une bombe à retardement pour les collectivités qui ne prévoient pas les mise à niveau indispensables.

Sur le long terme, la question des infrastructures reste toujours celle qui a un impact significatif sur le destin de l’association. Notre expérience montre que ceux qui ont accès à l’investissement et peuvent moderniser les installations bénéficient d’un bonus d’attractivité qui vient renforcer la capacité d’autofinancement de l’association.

Thierry Nauleau

Téléchargez le rapport Sport et Financement public, la fin d’une belle histoire ? Publié par Olbia.

Sport et financement public, analyse du rapport
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