Le club Echirolles Badminton a créé une compétition amicale qui réussit l’alliance de la satisfaction des pratiquants, de la simplicité d’organisation et de la réussite économique.  Ou comment s’affranchir de contraintes existantes ?

Son président, Fabien Gachet, a le succès modeste. Cet événement qui selon lui n’a « pas grand-chose d’exceptionnel » préfigure ce dont beaucoup de clubs amateurs pourraient s’inspirer. Voici son interview.

Ce nom de tournoi, d’où vient-il ?

Fabien Gachet : Le nom du gymnase est Croix de Vérines, nous en avons déjà tiré d’autres jeux de mots . Vol’Vérines est un tournoi sur deux journées, double, hommes, double dames puis doubles mixte, compétiteurs et loisirs réunis.

Quelle est la finalité de Vol’Vérines ?

C’est avant tout un tournoi pour la promotion du badminton. Nous cherchions à faire des animations sur notre cœur d’activité. Autant pour les pratiquants « loisir » que les compétiteurs.

Les tournois de compétiteurs classiques nous coûtent cher.  Nous sommes obligés de recourir à un juge arbitre, et par ailleurs nous reversons une redevance pour l’utilisation de la plate-forme fédérale de gestion des compétitions. Ces tournois officiels attirent des compétiteurs, car ils peuvent ainsi accumuler des points de classement. Ils coûtent également cher aux licenciés. 20 euros pour 2 tableaux.

Notre objectif est ailleurs. Nous voulons attirer des joueurs occasionnels ; leur permettre de réaliser des matchs sans enjeu, y prendre du plaisir, mais surtout d’enchainer des matchs.

L’autre problème des tournois à élimination est que vous pouvez prendre votre week-end, traverser la France pour un tournoi et vous faire sortir des les premiers tours. Là si vous avez fait l’effort de venir, on vous garantit de jouer dans des poules de 5, donc de jouer au moins 4 matchs.

Et ça permet à des joueurs loisir de se confronter avec des joueurs plus expérimentés.

Cela amène-t-il des joueurs loisirs à aller davantage vers les compétitions ?

Tout à fait, du fait que cela se joue dans notre gymnase, dans un environnement connu, avec un état d’esprit pédagogique, les joueurs se sentent à l’aise pour se lancer, cela a un effet « boule de neige ».

Le pourcentage de joueurs du club va augmenter, c’est certains, et cela amènera ces joueurs à un état d’esprit « club ». C’est ce que nous souhaitons car nous avons besoin de tous pour notre projet.

Que recherchent-ils dans ce type de tournoi ?

Ces gens-là ne sont pas venus pour les points mais pour la convivialité.

Dans notre projet de club, nous avons trois mots clés : la convivialité, fidéliser, en créant un sentiment d’appartenance, et progresser. Ce tournoi reprend ces principes.

La buvette est une réussite. Elle nous apporte une image dynamique :  on gagne, on perd et on se retrouve ensuite en soirée.

Le tournoi est ouvert à tous les licenciés de la Fédération Française de Badminton. On a trouvé de la résonance. Nous avons attiré 120 joueurs dont les 2/3 d’extérieur. Des gens du bassin grenoblois.

Comment faites-vous alors pour gagner de l’argent avec le tournoi ?

Nous ne sommes pas obligé de reverser les 2€ par joueur à la Fédération. Cela représente une belle économie. Il y a ensuite la buvette et la petite restauration qui génèrent des recettes puisque le nombre de personnes fixées sur deux jours est important. Le tarif d’entrée au tournoi n’est pas élevé, les joueurs dans ce contexte convivial consomme plus.

Y a-t-il eu un effet produit sur le club ?

L’ambiance fait que des gens s’identifient à ce que nous proposons.

Un renouvellement est perceptible. Le club s’est remis en route. Cette formule est l’intermédiaire entre le badminton de compétition pur et le loisir pur.  C’est tout à fait pour le pratiquant qui veux faire quelques tournois pour s’amuser et aussi se mesurer à d’autres joueurs.

Analyse Nauleau Sport

Cet exemple montre que la seule formule compétitive ne répond pas aux attentes de l’ensemble des licenciés. Le succès vient aussi de la liberté laissée aux clubs d’innover et de créer des animations qui fonctionnent dans un certain contexte.

Cela montre aussi l’attente des pratiquants pour plus de convivialité.

Et l’on n’est pas si éloigné dans l’idée des courses de type Mud Day (voir l’article), dans lesquels les participants viennent avant tout pour s’y retrouver entre amis.

Propos recueillis et analyse par Thierry Nauleau

Vol’Vérines, un concept qui déchire !
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