La crise du coronavirus a mis en évidence les faiblesses structurelles du modèle économique des clubs sportifs employeurs. Comment rendre leur économie plus résistante ? Les clubs ont déjà l’habitude de travailler leurs dépenses de fonctionnement. C’est du côté des recettes et des activités que l’on va trouver des leviers de développement.

Les vieilles recettes ont souvent fait la preuve de leur inefficacité. L’exemple des partenariats privés en est l’illustration. En dehors des clubs engagés dans les championnats de France amateurs, le sponsoring et le mécénat apporte en moyenne moins de 6% du budget d’un club.

Quels leviers peut-on activer ?

C’est dans le savoir-faire de l’association et de ses enseignants que se trouve le gisement de profit le plus intéressant.

Encadrer le sport en dehors du temps et du lieu de pratique

Le premier gisement d’idées inexploité est le numérique.  Les challenges et les animations lancées pendant le confinement ont démontré qu’il est possible d’organiser et d’encadrer une activité sportive en dehors du temps et du lieu de pratique.

Aujourd’hui, sauf exception, tous les tutoriels et applications de coaching relèvent du secteur marchand. Alors que l’enseignement d’une technique sportive est le privilège de chaque entraineur.

Les clubs qui sauront développer une offre d’animation et surtout de personnalisation du sport pourront développer des recettes qui sont issues de leur cœur d’activité.

  • Vous apportez un service supplémentaire à vos adhérents
  • L’offre du club est enrichie
  • Vous fidélisez les adhérents
  • Vous attirez une nouvelle clientèle
  • Les ressources propres du club sont renforcées et diversifiées

Le confinement a révélé une véritable attente.

Toute la gamme des entrainements individuels peut faire l’objet d’un traitement personnalisé. Voyez l’interview que j’ai faite en 2017 de Morgan Petitniot et Arnaud Arriaga du Labo du Skieur, sur la façon dont ils ont conçu un service individualisé de perfectionnement dans la pratique du ski de loisir

Rendre le modèle économique du club plus résistant

Il s’agit dans les grandes lignes de reconstituer les ressources propres par la recherche, pour chaque exercice comptable d’un bénéfice. Et de recentrer les ressources sur le savoir-faire de l’association : former, entrainer, concourir.

La diversification des recettes doit s’exprimer dans la diversification des modalités de pratiques.

Je m’interroge souvent sur ce qui pousse des clubs à demander à des bénévoles, très souvent compétents pour encadrer, de développer une activité extra-sportive, alors que dans le même temps, le club va manquer d’animateurs ?

La fidélisation est une des clés de la pérennisation des associations sportives. Cela vaut aussi bien pour les clubs que pour les ligues et comités. Et par voie de conséquence pour les fédérations sportives.

Lorsque le club n’est pas engagé dans une compétition qui soit capable d’attirer du public de façon significative et régulière, je préconise de laisser tomber les partenariats pour se recentrer sur la qualité de l’encadrement.

L’énergie qui est mise dans la recherche de partenaires n’est que rarement récompensée. D’ailleurs la plupart des sports de nature se dispensent purement et simplement de partenaires. Ou alors, le rayonnement du club fait que ce sont les entreprises qui demandent à s’y associer.

infographie modèle économique
Comment transformer le modèle économique d’un club sportif amateur, par Nauleau Sport.

Dans le dossier Un nouveau modèle économique pour le sport amateur, je décris en détail ce que les clubs peuvent faire.

 Le développement du sport « à la maison », hors structure

Les pratiques libres présentent un potentiel non exploité.

En 2019, un rapport de l’INJEP indiquait que 66% des français de plus de 15 ans pratiquaient une activité physique (soit plus de 36 millions). A rapprocher des 18 millions de licences sportives fédérales.

Comment expliquer qu’un français sur deux décide de faire du sport, d’apprendre une pratique sans les conseils d’un encadrement confirmé, si ce n’est parce que les structures sportives existantes ne répondent pas à leurs attentes ?

Certains sports, collectifs comme individuels, se pratiquent avec des matériels légers, à la maison, à la plage ou sur une pelouse, comme le ping-pong, le volley-ball, etc.  Grâce à cela, il est possible de poursuivre des leçons, organiser des challenges pour les adhérents. Tout un ensemble d’actions qui contribuent à fidéliser l’adhérent.

La personnalisation de l’entrainement

Il y a une demande dans tous les sports, y compris dans les sports collectifs, pour du coaching personnalisé.

De ce que j’ai vu dans les clubs, la demandé s’exprime le plus aux deux extrémités de la pratique :

  • Le sportif qui cherche la performance
  • L’adhérent loisir, à qui l’on ne propose trop souvent qu’une pratique autonome, recherche l’efficacité.

La personnalisation de l’entrainement valorise l’apport de l’entraineur. C’est une source de recettes facile à mettre en place dans les clubs. Y compris avec des cadres bénévoles.

Avant penser individualisation de l’entrainement, il est souvent possible de réunir de petits groupes, pour un meilleur travail. A l’exemple des ski clubs qui en début de saison font un premier tri parmi les 4 classes de ski. Puis font un second tri, pour répartir les pratiquants à l’intérieur d’un même niveau, en 3 voire en 4 niveaux homogènes.

Le but est que tout le monde s’amuse et que personne n’ait à ralentir les autres. Le Plaisir !

Thierry Nauleau

Modèle économique : quels leviers activer ?

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.