L’agence Code Zéro prévoit un après covid-19. Un après qui verraient un regain d’attrait pour les sports outdoor. Lorsque les collègues rédigent de bons articles (en clair), nous les partageons. C’est le cas (lien direct).

Un besoin existentiel

Les annulations successives ont révélé le réel besoin des participants aux grands messes outdoor. Un besoin que l’on peut aisément transposer à l’ensemble des pratiques, y compris pour les sports Olympiques.

On le sait la pratique sportive répond à un besoin physiologique de se dépenser, d’être en forme, comme à un besoin social, d’être ensemble, de se comparer (par la performance). Le sport répond aussi à un besoin supérieur, existentiel. Quel sportif ne l’a jamais ressenti ?

L’effort permet de se sentir vivant.

Ce que les organisateurs de rassemblements sportifs ont bien compris, et bien traduit économiquement parlant, c’est de donner au pratiquant les moyens de se réaliser sur l’ensemble de ses aspirations : physiques, sociales et existentielles. Là où les clubs amateurs ne satisfont au mieux que les deux premières.

De l’injonction au pourquoi

L’évolution des motivations des pratiques sportives suivent celles de la société, les évolutions matérielles, et numériques désormais. Historiquement, le sport a servi à préparer les masses pour la prochaine guerre, puis est venu le temps de l’injonction « faites du sport ». Puis la demande de performance individuelle a permis de développer le « comment » : Comment fait-on du sport ? Comment améliorer la performance ?

Je trouve un parallèle saisissant avec la quête du vol mécanique. Le pas décisif qui a permit à Clément Ader et aux frères Wright de faire voler un plu lourd que l’air, a été franchi lorsqu’ils ont cessé de se demander comment les oiseaux volent, pour se demander « Pourquoi » les oiseaux volent.

Le sport outdoor, dominé par le secteur marchand, exploite largement cette quête du « pourquoi fais-je du sport ?». Pas les clubs amateurs.

Changer de finalité ?

Les sports d’opposition sauront-ils se réinventer ? Rien n’est moins sûr. A ce jour la seule tentative de diversification l’a été dans le domaine du sport santé. Avec des résultats peu encourageants. Le public n’associe pas du tout un bon nombre des disciplines à la notion de santé.

Parce qu’ils ne répondent pas au besoin existentiel du pratiquant adulte, des sports sont probablement condamnés à n’attirer qu’un public jeune.

Je serais moins affirmatif vis-à-vis des dirigeants bénévoles qui y trouvent une façon de se réaliser. En menant à bien un projet ou tout simplement en se sentant utile à la collectivité.

Anticiper un changement ?

Les questions à se poser en préparation de la période de reprise après Covid-19 doivent inclure les choix des adhérents, parce qu’ils sont au cœur du projet associatif du club.

Notre projet sportif était-il bien en phase avec les attentes des adhérents ?

Le taux de fidélisation ou l’évolution du nombre d’adhérents est l’indicateur approprié. Une baisse répétée sur plusieurs années du nombre de pratiquants (licenciés et non licenciés) montre que quelque chose ne va pas. Les raisons peuvent être variées. Il faut comprendre pourquoi. Et changer ce qui ne va pas.

Les conditions d’accueil sont-elles satisfaisantes ?

La question doit être envisagée du point de vue des adhérents, pratiquants, et tous les publics périphériques susceptibles d’utiliser vos installations et vos services. Pas du point de vue du dirigeant.

L’encadrement, l’apprentissage de la pratique répondent-ils aux attentes des pratiquants ?

L’apprentissage d’une technique de jeu est le premier « métier » d’un club. Cette étape essentielle, dans le parcours de vie d’un adhérent de l’association, doit être en permanence évaluée et adaptée.

Le saut numérique

Trop peu de clubs se sont approprié les enjeux numériques. Pas pour ce qui est de l’administration, mais de l’organisation, de l’apprentissage et du perfectionnement de la pratique. Le confinement va nous permettre d’assister à l’explosion en ligne des contenus de divertissement, d’entretien physique, et des contenus qui seront à la croisée des deux.

Les clubs qui auront su créer des contenus de qualité vont voir leur notoriété augmenter du fait des réseaux sociaux. Ils auront donc un avantage à la reprise, celle de septembre, lorsque l’on fait le choix de sa nouvelle activité, de son nouveau club.

Y aura-t-il un après Covid-19 ?

Il y aura d’abord la période de sortie du confinement elle-même et ses conséquences économiques pour les clubs qui étaient déjà en situation de déficit. Les banques sauront-elles être compréhensives ?

La période de reprise sera probablement délicate pour toute la saison 2020/2021, pour les clubs qui comptent un grand nombre d’entreprises sponsors ou mécènes. Ces entreprises aussi auront souffert.

S’il doit y avoir un après Covid-19, je pense qu’il appartiendra aux clubs qui auront su s’affranchir des carcans réglementaires des fédérations. Aujourd’hui, la complexification est telle qu’elle en vient à décourager certains dirigeants bénévoles.

Je ne dis pas sortir d’une fédération, je pense plutôt à créer quelque chose à coté, des activités qui soient plus en accord avec les attentes du public.

Thierry Nauleau

Sport : Y aura-t-il un après Covid-19 ?
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