Le baccalauréat marque souvent un cap pour les jeunes et un changement de vie. Pour les clubs sportifs également, qui déplorent la perte d’une grande partie des effectifs de cette catégorie d’âge.

La plupart des présidents et entraineurs sont fatalistes vis à vis de cette question. Il est pourtant possible de fidéliser les jeunes sportifs, comme le prouve l’exemple du Saint-Flour Handball. Dans ce club, Peter Gerwert a mis en œuvre un projet sportif ambitieux et volontaire pour toute la filière garçon.

Peter GerwertAu départ, il y a le projet sportif des dirigeants, qui consiste à installer durablement deux équipes de filles et deux équipes de garçons dans les championnats nationaux. Pour y parvenir, Peter structure sa filière garçons de façon à ce que chaque joueur trouve sa place dans le jeu, dans l’équipe et dans le club. « La fidélisation se joue jusqu’à 16 ans. Il faut donner envie, il faut que les gamins aient la passion pour le hand. »

Pour ce qui est du maintien en N3, Peter a fait ce que beaucoup de clubs font en pareil cas, on fait venir des joueurs de l’extérieur. Mais dit-il « 10 joueurs extérieurs c’est trop, et il faut maintenant capitaliser. » D’autant que parmi ces joueurs, il en est qui veulent que l’aventure du SFHB aille au bout de leur rêve.

Peter augmente le volume d’entrainement et pour les jeunes sanflorais qui sont en études à Clermont-Ferrand, le club organise l’activité afin qu’ils conservent la capacité d’entrainement à laquelle ils aspirent. Le mardi une séance de musculation est prévue pour eux sur place. La saison prochaine, l’équipe ira s’entrainer le mercredi à Clermont. En semaine, c’est un minibus qui leur permettra de faire l’aller/retour pour s’entrainer à Saint-Flour. « La première filière est mentale. » Lorsque le joueur est dans un bon état d’esprit, il donne le meilleur de lui-même et il est capable de surmonter de nombreux obstacles.

Avant même la fin de saison, tous les jeunes de l’effectif N3M ont de nouveau signé pour la saison 2015/2016 au Saint-Flour Handball. Ce modèle de professionnalisme et d’enthousiasme doit pouvoir être transposé ailleurs, dès lors que la pratique propose un certain niveau de jeu et que les distances à couvrir ne soient pas déraisonnables.

Mais alors, si c’est possible sur un territoire rural, pourquoi le handball et au-delà le sport français amateur ne peut-il pas reproduire ce schéma ? « Parce qu’en France, on ne tient pas compte du gain de compétences. La plupart du temps la personne passe après la notion de résultat. » Comprendre l’état d’esprit dans lequel chaque joueur se trouve est une des clés de la fidélisation de cette classe d’âge.

Thierry Nauleau

>> lien vers le site du Saint-Flour HandballSaint-Flour Handball

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