La période des demandes de subvention ANS (Agence Nationale du Sport) va bientôt débuter. Et pour équilibrer le budget vous avez besoin d’une subvention supplémentaire. Si vous n’avez jamais sollicité les subventions ANS, réputées difficiles à obtenir, voici quelques conseils pour faire votre demande sans panique et sans précipitation.
Le but de cet article n’est pas de vous annoncer le contenu de la campagne ANS 2026, ni de lister les erreurs les plus fréquemment observées (les conseillers ANS les répètent chaque année), mais de vous éviter de perdre du temps en préparant votre démarche avec méthode. Je vous donne également quelques notions, souvent ignorées, à propos des subventions.
Comprendre la philosophie des aides ANS
Les aides de l’ANS n’ont pas vocation à permettre aux associations d’équilibrer leur budget ni à financer une action du club. Ces subventions ont pour but de développer les actions liées aux politiques publiques du sport. Autrement dit votre demande doit proposer un projet qui s’inscrit dans ce cadre.
Il est fréquent que les associations organisent une nouvelle action pour solliciter la subvention. Et il faut garder à l’esprit que la subvention ne subventionnera au mieux que 50% du budget de l’action. Certes, vous pouvez combiner les cofinancements mais il restera toujours un minimum de 20% d’autofinancement à apporter. Dès lors se pose la question de : qui paye ?
Les écarts entre les sollicitations et ce qui est attribué sont en moyenne de 28% inférieure à la demande (donnée moyennée de mes propres statistiques). Ce qui veut dire que sur la base d’un projet sur lequel vous sollicitez 50% d’aide, au final, vous ne serait aidé que de l’ordre de 26%, soit sur la totalité du budget, un reste à charge de 64%. On comprend mieux la nécessité de prévoir un projet avec au moins deux cofinancements.
Donc qui paye ? Si c’est sur fond propres de l’association, alors ce seront vos adhérents, et indirectement les bénévoles qui, par leur travail vont rendre possible cette action. Assurez-vous de leur soutien avant d’engager l’association dans la démarche.
Les aides publiques n’ont pas non plus vocation à aider les actions bénéficiaires. Toutes ces aides sont conditionnées à la production d’un compte-rendu financier. Si l’aide n’est pas consommée en totalité, ou si le budget final est inférieur au budget prévu, il vous sera demandé de restituer le trop-perçu.
Enfin, le contexte économique difficile incite les associations qui s’étaient détournées des demandes de subvention en raison d’une trop grande complexité, à étudier à nouveau la question. Lorsque le nombre de sollicitations augmente pour une enveloppe finie, la logique voudrait que l’on répartisse l’enveloppe sur les dossiers éligibles. Or l’administration fixe des seuils en deçà desquelles elle rejette les dossiers. Par exemple en 2025, Le seuil d’aide financière pour les projets sportifs territoriaux, pour une structure bénéficiaire était de 1 500 € par exercice, mais pour un maximum de deux actions.
Les critères se durcissent d’année en année. C’est vrai aussi pour les aides des collectivités territoriales. Plus il y a de sollicitations éligibles, plus le nombre d’exclus augmente.
La première règle : anticiper !
Pas la peine d’attendre la publication des conditions d’éligibilité 2026 ! Consultez les conditions 2025 (pour les détails de votre département, consultez le site de la SDJES de votre territoire).
Si l’une de vos actions habituelles est éligible, c’est mieux. Peut-être vous faudra-t-il la reformuler pour coller aux priorités de l’année, mais mieux vaut partir d’une action existante que de vouloir créer une action pour obtenir une subvention. Créer une action ex-nihilo demande une grande expérience pour être crédible et convaincant. Sans compter le risque financier…
Avant même de débattre en comité le bien fondé d’une demande de subvention, préparez budget prévisionnel réaliste et fiable. Pourquoi si tôt ? Parce que les prix de beaucoup de produits ou de services ont augmenté considérablement depuis quelques années. La différence entre « ce que je sais » et la réalité peut faire basculer un projet d’intéressant et difficilement supportable.
Un bon tableur, tel que celui qui est inclus dans mon guide « Développer les ressources des activités extra sportives » va vous y aider. Il vous guide dans l’identification de toutes les dépenses, y compris les dépenses masquées par ce que ce ne sont pas des achats directs.
Ensuite vient le débat en réunion de bureau ou de comité directeur (selon vos instances). C’est une étape importante, car elle engage les personnes qui vont devoir réaliser l’action.
Ensuite viendra la collecte et la formalisation du dossier proprement dit. Vous pouvez gagner du temps en mettant en ordre la documentation comptable et les documents approuvés par l’assemblée générale. Il vous sera aussi demandé un rapport d’activité. Ce n’est pas le PV d’AG ni le rapport moral. Si vous voulez un modèle de sommaire de rapport moral, écrivez-moi sur le formulaire de contact. Je vous répondrais au plus sous 48h en fonction de mes déplacements.
Une démarche dématérialisée, donc très rigide
Toute la démarche sur fait via la plateforme lecompteasso.associations.gouv.fr. La procédure ne souffre aucun écart. Mais derrière la plate-forme il y a des personnes qui lisent et suivent le déroulement des demandes de subventions. Ce sont eux qui vous enverront un message si vous dossier comporte une pièce non valable ou manquante (c’est souvent le cas pour les pouvoirs). En dehors de ces cas rares où l’administration vous rend la main, il vous sera impossible d’apporter des corrections une fois votre demande transmise pour instruction.
C’est en amont de la campagne que vous pouvez vous faciliter les choses. Connaissez-vous les agents de la SDJES dont vous dépendez ? Se connaitre et échanger est essentiel pour bien se comprendre. J’ai coutume de dire qu’un rendez-vous annuel, même en visioconférence est utile pour l’association. Si votre club veut s’engager dans un projet de développement, leur expertise et leur connaissance du terrain vous aidera. Allez à leur rencontre. C’est un investissement.
Assistez aux réunions d’information
En présentiel ou en visioconférence, les services de l’état, et parfois les structures partenaires (comme les CRIB) proposent chaque année, pour le PSF comme pour le FDVA, des sessions d’information et d’explication. Certaines fédérations en proposent également. Car elles sont associées à l’instruction des dossiers. Il y a toujours des ajustements et des modifications. Ne faites pas l’impasse sur ces réunions.
Thierry Nauleau
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