Les clubs qui créent des activités extra sportives le font pour compléter le financement de leurs activités. Alors que le but est de générer des recettes, mes interventions dans les clubs m’amènent au constat que la rentabilité de ces actions est extrêmement variable et fluctue toujours avec le temps.
Comment rendre ces activités plus fiables et surtout plus rentables, c’est la question du jour…
Un gisement de ressources qui n’est pas suffisamment évalué
Pourquoi ? La comptabilité des associations respecte le modèle de la comptabilité générale. Cette façon de faire ne donne une vue qu’à travers le bilan et le compte de résultat. Cette vision globale ne permet pas de se faire une idée de la rentabilité d’une action. Par manque de connaissances ou par manque de temps, les associations sportives n’évaluent pas suffisamment le résultat économique de chacune de leurs actions.
La comptabilité analytique est perçue comme complexe et chronophage. Il faut bien reconnaitre que sans un outil de saisie comptable et sans avoir pris le temps de décrire vos méthodes de calcul, il est très compliqué de vouloir réaliser une comptabilité analytique avec un tableur Excel.
Je constate fréquemment que même pour des structures dont le budget annuel est à l’équilibre ou avec un petit bénéfice, leurs activités sportives ou extra sportives sont peu rentables, voire déficitaires. La première cause est que le trésorier se contente de la vision normée du compte de résultat.
Il est utile de savoir ce que chaque action vous coûte et vous rapporte. C’est un principe de gestion saine : chaque action doit chercher son autofinancement.
Il n’est pas indispensable, même pour un club employeur, d’avoir recours à une comptabilité analytique. Mais les principales actions, celles qui participent à plus de 5% du chiffre d’affaires, devraient être évaluées systématiquement. Année après année, votre résultat d’action peut être grignoté par l’augmentation des charges. Au premier rang desquelles le taux horaire d’un salarié affecté à l’action.
C’est souvent l’érosion d’une action qui entraine une perte de rentabilité. Or en gestion associative, la somme des petits bénéfices fait le résultat annuel.
Les fondamentaux pour des actions qui génèrent de vrais revenus
La première des choses à faire quand vous lancez un projet est d’établir, dès la description de l’idée, un budget prévisionnel. Et de l’actualiser à chaque nouvelle évolution du projet.
Tenez-compte des investissements nécessaires, Si l’action requiert l’achat d’un matériel, vous devez compter son utilisation sur une ou plusieurs années, à la façon des amortissements.
Si l’un au moins de vos salariés peut réaliser une prestation, évaluez précisément les heures de préparation et de réalisation, pour calculer le coût de main d’œuvre dans le prévisionnel. Et tenez compte à long terme des augmentations de la masse salariale. Sinon privilégiez le recours au bénévolat.
Choisissez des actions pour lesquelles vous disposez déjà des compétences ou du matériel.
Si votre action s’adresse à des publics non adhérents, elle est beaucoup moins prévisible. Privilégiez des ventes à vos adhérents et à leur premier cercle familial ou amical. Encore faut-il qu’ils soient satisfaits du club. Travaillez la fidélisation.
Prévoyez une marge. Si vous ne prévoyez pas de faire un bénéfice, il est probable que votre action soit déficitaire. Souvent l’erreur est de partir d’une marge par vente et d’oublier d’intégrer dans le calcul des coûts indirects. Commencez par le budget prévisionnel et voyez ensuite la marge que vous pouvez espérer.
Évaluez votre action du point de vue budgétaire, et du point de vue de l’organisation.
Plus une action touche de monde, plus vous aurez un effet levier intéressant.
Les limites fiscales au développement des activités extra sportives
Dans la famille des activités extra sportives, il faut encore distinguer les activités destinées aux adhérents de celles qui s’adresse à des publics non licenciés, voir non adhérents. Pourquoi vous en préoccuper ?
Par principe, les associations bénéficient d’une franchise sur les impôts commerciaux. Cette franchise tombe lorsque l’association réalise des activités lucratives, au moins au-delà de certains critères et seuils :
Lorsque le cumul des recettes considérées comme lucratives et accessoire par l’administration fiscale dépasse 80011 euros dans l’année civile (2025). On parle des encaissements, pas du bénéfice !
Et lorsque les recettes des activités traditionnelles ne sont plus « significativement prépondérantes ». Retenez plus de 25% du total des recettes. Je vous renvoie à la lecture de mon article sur cette question pour en comprendre les subtilités.
Thierry Nauleau
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